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XYZOn avait même pas fini de s'habituer à la nébuleuse génération Y (autrefois, génération Y ça se disait "les jeunes d'aujourd'hui"), que débarque la génération Z (question subsidiaire, puisque nous sommes arrivés à la fin de l'alphabet, comment va se nommer la future génération ? ). C'est par le truchement d'un article des Echos que je suis entrée de plein fouet avec ce nouveau concept socio-économique.

Pour faire court, la génération Z est celle qui a aujourd'hui moins de 20 ans, qui est née avec le digital intégré au coeur de son expérience de vie. La génération Z ne marque plus la différence entre vie privée et vie publique, maison et bureau, matériel perso et pro. Encore plus que leurs ainés les Z nivellent les rapports hiérarchiques. Ils sont exigeants sur l'engagement de leur entreprise vis-à-vis d'eux (j'ai le droit de rire, là ?...), et amènent  dans leurs bagages les notions de coresponsabilité, de partage et de collaboration. Mouais. Sauf que pour l'instant, c'est encore les "vieux croutons" de la génération X, comme moi (ceux qui ont aujourd'hui entre 32 et 46 ans), qui dirigent les entreprises. Et que, sauf erreur de ma part, tous les fondamentaux du collaboratif et de l'ouverture ont été initiés par notre génération : barcamps, coworking, open source...

Elle est bien gentille cette génération Z, mais elle va manquer de bases. Vu qu'elle n'aura pas connu les balbutiements et l'évolution rapide des technologies numériques, et vu également que maintenant tout est lissé, caché, cloudé, embrouillaminé, je pense que c'est une génération qui va être facile à manipuler technologiquement (pour une bonne partie en tout cas).

L'article des Echos précise que cette génération fera cohabiter parfaitement un statut de salarié et d'entrepreneur, comme si ce n'était pas déjà le cas de ceux qui ont aujourd'hui la trentaine, et qu'elle cumulera facilement plusieurs jobs à temps partiels pour éviter la précarité. Alors là, je n'y crois pas du tout. Je crois que la génération Z va être une génération qui a peur, parce que beaucoup de gens et d'industries ont intérêt à véhiculer cette peur de manière génétique : peur du chômage, peur des crises, peur d'internet, peur de l'image, bref peur de soi et des autres. Bien sûr, je ne parle pas de peurs moyen-âgeuses ou dictatoriales, les réseaux numériques accentuent les liens et les échanges entre les gens, heureusement.

Un exemple pour illustrer mon propos. Il y a quelques temps s'est tenu un barcamp à Dijon, organisé par des étudiants, autour du thème du cinéma et des web-séries. Les étudiants ont refusés toute photo, toute vidéo, toute expression visuelle de leur présence et de leur avis sur cet évènement, pourtant public et de haute qualité. Et le motif invoqué pour ce refus était la peur de ne pas contrôler strictement leur image et leurs propos qui pourraient être diffusés sur le web et les réseaux sociaux, et donc captés par de potentiels futurs employeurs. Et voilà comment des étudiants de cette génération Z sont incapables de faire la part des choses entre ce qu'on leur inculque (par la peur) et la réalité. Incapables de voir que oui, lorsqu'ils font un strip-poker entre copains ça n'a aucune raison de se retrouver sur des réseaux sociaux sous peine de voir des éléments peu glorieux se diffuser auprès de recruteurs, mais que lorsqu'ils organisent un évènement ouvert et participatif, dans le cadre de leurs études, c'est plutôt intelligent de le mettre en avant et de le valoriser sur le web auprès de futurs employeurs. Ceux qui ne font pas déjà n'importe quoi sont tétanisés, parcequ'on leur répète à longueur de médias et d'interventions soit-disant pédagogiques qu'internet est bourré de dangers, que Facebook est le mal, etc. Au lieu de leur donner les clés d'appropriation de leur image de marque, d'un contrôle intelligent de leurs parcours, une approche positive des médias numériques, sans angélisme ni diabolisation. Dur.
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